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L’immunisation passive protège contre l’infection au SHIV


​​Dans un​e étude publiée dans Nature Communications, les chercheurs d'IDMIT mettent en évidence l'efficacité d'un anticorps neutralisant contre la transmission de cellules infectées par le SHIV (virus chimérique associant des gènes du VIH-1 et des gènes du virus de l'immunodéficience simienne). Les résultats de cette étude mettent  en évidence l'importance de l'administration et de la formulation de l'anticorps utilisé - en application vaginale topique via un gel microbicide - ouvrant ainsi la voie à la mise en place d'une méthode d'application contrôlée pour prévenir la transmission du VIH par contact sexuel.

Publié le 1 novembre 2023

​Le VIH-1, virus responsable du syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA), représente un enjeu majeur de santé publique à l'échelle mondiale, avec des millions de nouvelles infections signalées chaque année. La mise au point d'un vaccin préventif est un défi complexe en raison de la variabilité du virus et de ses mécanismes d'échappement du système immunitaire.

Ce virus se retrouve dans divers fluides corporels, (tels que le sang ou les sécrétions vaginales) dans lesquels il peut être présent sous deux formes : les virions libres et les cellules infectées (également appelées "virus associés aux cellules").

Les deux formes jouent un rôle dans la transmission et la propagation du virus, mais la transmission associée aux cellules a été souvent sous-estimée dans les mesures de prévention associées. Des études précédentes menées sur des modèles primates non-humains ont montré que cette transmission est prédominante par voie vaginale et voie colorectale. Des recherches ont également suggéré que des infections humaines par le VIH-1 sont initiées par des cellules infectées. Ces éléments soulignent l'importance de cibler cette forme de transmission pour contrer efficacement la propagation du VIH-1.

L'administration d'anticorps neutralisants (immunisation passive) à large spectre (bNAbs) dirigés contre le VIH-1 ont suscité un vif intérêt ces dernières années en tant que molécules prometteuses pour des actions thérapeutiques ou prophylactiques, et sont considérés comme des composants idéaux d'un vaccin contre le VIH-1. Ces anticorps ciblent des épitopes conservés du virus, leur permettant de neutraliser un large éventail de souches du VIH-1. De plus, les bNAbs exercent leur activité protectrice en activant divers mécanismes du système immunitaire.

Cependant, jusqu'à présent, très peu d'études se sont penchées sur l'efficacité des bNAbs contre la transmission associée aux cellules infectées.

C'est dans ce contexte que les chercheurs d'IDMIT (en collaboration avec l'Institut Pasteur et Chimie ParisTech) se sont intéressés aux effets de l'immunisation passive suite à l'administration d'un anticorps neutralisant bNAb à large spectre, le 10-1074, dans un modèle préclinique d'infection par le SHIV (virus chimérique associant des gènes du VIH-1 et des gènes du virus de l'immunodéficience simienne).

 

Dans une étude publiée dans Nature Communications, ils ont mis en évidence que l'administration par voie muqueuse de l'anticorps 10-1074 offre une protection significative contre l'exposition vaginale répétée au SHIV. Ils ont démontré l'efficacité de cet anticorps à prévenir la transmission du virus associé aux cellules infectées et ont caractérisé la concentration en anticorps nécessaire pour assurer une protection optimale. Les résultats de cette étude mettent également en évidence l'importance de l'administration et de la formulation de l'anticorps utilisé - en application vaginale topique via un gel microbicide - ouvrant ainsi la voie à la mise en place d'une méthode d'application contrôlée pour prévenir la transmission du VIH par contact sexuel. Dans la poursuite de ces recherches, il serait intéressant de reproduire ces résultats en testant d'autres anticorps neutralisants, seuls ou en combinaison, afin de garantir une protection à plus large spectre.

En établissant l'efficacité d'anticorps neutralisants à large spectre contre la transmission de cellules infectées dans un modèle d'étude préclinique d'intérêt, ces recherches ouvrent à la voie à la conception d'essais cliniques plus robustes. Elles suscitent l'espoir d'une avancée significative dans la lutte contre le VIH-1 et l'amélioration de la protection des individus exposés au virus.


Contact chercheur CEA :                                                                  Mariangela Cavarelli maria​ngela.cavarelli@cea.fr​



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