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Les synucléinopathies : des maladies à géométrie variable


Dans le cadre d'une collaboration internationale, une équipe du Laboratoire de Maladies Neurodégénératives (MIRCen) a caractérisé les effets pathologiques de différentes souches d'agrégats d'alpha-synucléine in vivo, leurs conformations structurelles étant déterminantes dans le mode d'amplification et de propagation dans le cerveau. Ces travaux ont fait l'objet d'une publication dans Acta Neuropathologica Communications.

Publié le 3 février 2020

Les synucléinopathies (qui incluent la maladie de Parkinson, la démence à corps de Lewy et l’atrophie multisystématisée) forment un groupe de maladies neurodégénératives caractérisées par l'accumulation anormale d'agrégats de la protéine alpha-synucléine dans le cerveau.  

L’alpha-synucléine existe à l’état normal sous forme soluble et monomérique, et joue un rôle important dans le développement normal des fonctions cognitives. Dans le cas des synucléinopathies, cette protéine forme des amas fibrillaires insolubles toxiques que l’on retrouve dans les « corps de Lewy ». Ces amas se propagent d’un neurone à l’autre, en se multipliant, conduisant à une dégénérescence progressive et irréversible et dont les manifestations pathologiques varient d’une synucléinopathie à l’autre.

Les amas fibrillaires existent sous différents polymorphes conformationnels, nommés souches, présentant des caractéristiques biochimiques, structurales et physiques propres. L’hétérogénéité clinique observée dans les synucléinopathies laisse à penser qu’il existe un lien entre les souches et les différentes manifestations pathologiques.

Pour démontrer cela, les chercheurs du Laboratoire des Maladies Neurodégénératives (LMN/MIRCen) en collaboration avec une équipe américaine de Van Andel Institute, ont caractérisé les profils de propagations de cinq souches distinctes d’alpha-synucléine en ciblant le bulbe olfactif, une région atteinte précocement dans la maladie de Parkinson et dans la démence à corps de Lewy.

Ils ont montré que ces cinq souches se propagent depuis le bulbe olfactif vers des régions cérébrales distinctes qui sont affectées bien plus tardivement chez l’homme. L’analyse des régions cérébrales affectées, la vitesse de propagation des différentes souches dans le cerveau et la pathologie développée indique des processus pathologiques spécifiques à chaque type de souche. 

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© Nolwen L.Rey


Ces résultats indiquent également que la conformation adoptée par les assemblages d'alpha-synucléine est déterminante dans la vitesse d’amplification et dans la propagation des agrégats dans le cerveau.

Cette étude ouvre de nouvelles perspectives dans le développement de stratégies thérapeutiques ciblant les différentes synucléinopathies, en caractérisant de manière plus précise les agrégats d’alpha-synucléine chez les patients atteints.


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